La Compagnie du Plateau libre
- Auteur : Roger Martin du Gard
- Mise en scène : Florence Limon et Stephan Hersoen
- Interprétation : Florence Limon et Stephan Hersoen et Camille Boullé
- Costumes et choix des textes de présentation : Béatrice Limon
Une belle surprise.
La farce de Roger Martin du Gard a beaucoup de charme. Le patois donne une saveur particulière à cette pièce. On goûte cette langue avec délices même si on ne comprend pas systématiquement la signification exacte de chaque mot. Le spectateur est friand du caractère incongru, inattendu de la proposition et le jeu des acteurs permet de deviner le sens que les mots revêtent. Car comme l’a écrit Emmanuel Lévinas dans En découvrant l’existence avec Husserl et Heidegger : 《Le mot est une fenêtre à travers laquelle je regarde ce qu’il signifie》, il montre ainsi l’importance de l’intention.
L’idée de parler de l’œuvre de Roger Martin du Gard en préambule est astucieuse et permet une interaction bienvenue avec l’auditoire.
Les comédiens sont exemplaires. Ils jouent extrêmement juste. Ils habitent leur personnage : la condition de la femme est abordée avec acuité. La satire sociale nous fait prendre le parti de la fidèle servante qui aimerait bien en croquer à la mort de son maître.
On sent que les artistes s’amusent beaucoup à jouer les situations cocasses et cela décuple le plaisir de l’auditoire. Les mimiques de Stephan Hersoen sont désopilantes : il suscite le rire. Le caractère insaisissable de son personnage est bien rendu. L’intrigue captive. Les deux comédiennes, Camille Boullé et Florence Limon sont bluffantes également. Les trois interprètes ont une présence exceptionnelle qui comble les spectateurs.
Pour le reste, je vous laisse découvrir la pièce : elle s’apprécie comme un bon vin de derrière les fagots.
David Season, Les Chroniques d’Alceste
Publié le 8 mars 2026.
Au Guichet Montparnasse, les samedis et dimanches jusqu’au 19 avril.