Allons au théâtre !

Les Misérables au Théâtre Hébertot

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Compagnie Chouchenko

Une adaptation honnête.

 Si on a lu Les Misérables, les choix de Manon Montel apparaissent discutables, tout comme la distribution.

 Pourquoi faire raconter toute l’histoire par Madame Thénardier ? C’est un procédé facile peu convaincant.

 Pourquoi la faire parler de façon triviale ? Pour abaisser l’œuvre au niveau supposé du spectateur, sans doute.

 Pourtant, à force de tout simplifier, que reste-t-il ? Peu de poésie malheureusement mais de belles émotions tout de même et certains épisodes marquants.

 La psychologie de Thénardier passe un peu à l’as, on ne parle pas vraiment de l’invention révolutionnaire de Jean Valjean, devenu Monsieur Madeleine, pour citer deux exemples concrets.

 La pièce démarre mal, avec des comédiens qui peinent à convaincre. Seuls Sacha Petronijevic en Jean Valjean et Manon Montel en Fantine apportent une profondeur, une épaisseur psychologique dans la première partie.

 Contre toute attente, dans la seconde partie, les comédiens sont plus convaincants dans leur rôle, à l’exception notable du comédien interprétant Javert, qui peine du début à la presque toute fin à habiter son rôle.

 Certes, les costumes sont magnifiques et la scène issue de 《Tempête sous un crâne》 montre l’étendue du talent de Sacha Petronijevic.

 Les ressorts comiques sont bienvenus et sont un des atouts de cette adaptation, tout comme l’accompagnement musical, avec la présence de l’accordéon, du violoncelle…

 La dimension sociale est un peu escamotée au profit de la dimension politique, bien rendue, elle.

 Le rythme soutenu, un Gavroche convaincant, interprété par Manon Montel, formidable de naturel, sont des qualités indéniables contribuant au plaisir du spectateur, tout comme l’interprétation magistrale d’Ambre Rochard en Cosette enfant et adulte. Les chansons qu’elle entonne sont du plus bel effet, et son jeu tout en nuances séduit.

 En définitive, on nous propose un spectacle honnête dont les qualités compensent certaines faiblesses.

 Pour autant, on est loin, très loin du chef-d’œuvre cinématographique de 1933 de Raymond Bernard, qui durait plus de quatre heures, il est vrai.

David Season, Les Chroniques d’Alceste

Publié le 1er mars 2026.

Au Théátre Hébertot jusqu’au 31 mai 2026.

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