Le Colibri d’Anna
- Auteur : d'après Pierre Dumousseau
- Création de Marie De Oliveira
- Avec : Marie de Oliveira
Cultivons notre jardin.
Un fabuleux seule en scène où on se laisse aller à la rêverie. La voix chaleureuse de l’artiste nous captive à chaque instant, son regard habité, son sourire enchanteur font merveille. La comédienne transmet de belles émotions, elle vit chaque seconde de son spectacle avec une passion manifeste. On sent qu’elle a quelque chose d’important à nous révéler et on écoute religieusement cette conteuse hors pair qui évoque le souvenir vivace d’un vieil homme, Pierrot, conteur lui aussi.
Tous les enfants du village apprécient ses histoires, les adultes n’y sont pas insensibles. Cela suffit à faire la joie de cet homme simple. Cependant, un beau jour, il ne sait plus que raconter et décide d’arpenter le monde, à la recherche de nouvelles histoires.
Les musiques accompagnent de façon harmonieuse le récit de la comédienne. On est sous le charme de son timbre de voix et des mélodies enveloppantes. L’immense livre pop-up qu’elle déplie devant nous suscite l’émerveillement des bambins, on sent qu’il a été conçu avec amour. Le petit personnage de Pierrot, en bois, intrigue et on ne le quitte pas des yeux tout comme on ne quitte pas des yeux la conteuse qui se meut dans l’espace avec grâce. Le langage soutenu fait plaisir à entendre.
Beaucoup de tendresse se dégage du conte, les enfants sont sages comme des images car il leur tarde de savoir la suite, et participent spontanément, parfois l’artiste les sollicite et on sent le bonheur qu’ils ont à décrire ce qu’ils observent. L’espace de trente-cinq minutes, le temps semble suspendu et les enfants prennent part au voyage qu’on leur propose avec une joie non dissimulée.
Il faut reconnaître que Pierrot est un personnage attachant et que l’artiste a l’art de solliciter l’imaginaire des spectateurs, de les emmener vers un ailleurs mystérieux qui suscite immanquablement leur curiosité.
Au fond, Pierrot est également mû par la curiosité, par la découverte de nouveaux horizons. Visuellement, l’univers est magnifique et l’habit de Gavroche de la comédienne sied bien à son dessein de réenchanter la vie, comme Pierrot qui veut faire rire les enfants.
Son aventure passionne d’un bout à l’autre. Son amour des livres, de la nature, résonne en nous. Mais ce qui l’inspire avant tout, c’est ce qu’ont dit ou écrit les autres, quelle que soit la contrée qu’ils habitent.
Savoir écouter autrui est une vertu de plus en plus rare, et rappeler que chacun peut enrichir l’autre de son expérience est un message magnifique.
Faire l’éloge de la comédienne, Marie De Oliveira, et de son spectacle est bien beau mais le mieux est encore d’aller écouter La graine d’oreille au théâtre et de se laisser bercer, entraîner par cette pièce merveilleuse où on ne s’ennuie pas une seule seconde.
Un spectacle jeunesse de cette qualité est extrêmement rare, je le recommande à tous les bambins ainsi qu’à tous les adultes qui ont gardé leur âme d’enfant.
À la fin, l’artiste a même la délicate attention de se prêter au jeu des questions-réponses.
David Season, Les Chroniques d’Alceste
Publié le 22 janvier 2026.
Au Théâtre Darius Milhaud, mercredi 28 janvier à 14h30 puis reprise le 11 mars, chaque mercredi à la même heure.