Allons au théâtre !

Et c’est moi qu’on enferme au Théâtre de la Reine Blanche

Claire Nebout. Photo : David Season
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Le Théâtre de Neige

Un grain de folie.

 Dès la première seconde, on est plongé dans l’univers mental de Philippa Motte, atteinte de bipolarité. On est subjugué par l’incarnation exceptionnelle de Claire Nebout. Elle est forte et faible à la fois, intransigeante et attachante.

 La comédienne fait vivre les mots merveilleux de l’écrivain comme personne. On est fasciné par sa présence, sa belle voix grave, ses regards habités. On pourrait l’écouter des heures durant. Sa palette de comédienne est impressionnante. C’est du très grand art.

 La tension est palpable, on a l’impression d’être dans la tête de l’auteur. Son opposition aux médecins qui se prennent pour des mandarins nous interpelle et on les affronte avec elle. Claire Nebout est sans cesse sur le fil. L’écriture séduit et l’incarnation transporte. On s’identifie au personnage et on voyage avec elle, de la crise à l’hôpital psychiatrique puis à la résolution finale.

 On est saisi par le climat d’angoisse, les décisions arbitraires qui rappellent les heures sombres de notre histoire. Les patients sont souvent infantilisés, peu écoutés, par des personnes qui pensent en savoir plus long. Cependant, l’expérience de David Rosenham de 1973 portant sur la psychiatrie aux États-Unis, avait déjà montré qu’il n’en était rien.

 La psychologie complexe de Philippa est rendue de façon admirable par Claire Nebout. C’est fascinant. La satire de notre société est faite de façon subtile, avec beaucoup d’humour. Les rencontres de personnalités improbables à l’hôpital ajoute à l’intérêt de ce témoignage passionnant.

 Les lumières, la musique, la scénographie, tout emporte l’adhésion. C’est un travail magnifique et un merveilleux cadeau fait au spectateur.

David Season, Les Chroniques d’Alceste

Publié le 25 février 2026.

Au théâtre La Reine Blanche.

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