Allons au théâtre !

Adèle Berry au Théâtre Déjazet

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La lune bleue productions

Une création enchanteresse.

 Une comédie musicale en français, une création originale qui plus est, avec un tel niveau d’exigence, c’est du jamais vu ! Même la comédie musicale Oliver ! qui se joue à Londres fait pâle figure à côté de ce monument.

 Il y a une fraîcheur, une maîtrise, des émotions à foison, un texte ciselé dont la langue savoureuse séduit. Les 21 artistes sont tous sans exception au top niveau.

 On se croirait dans un film à grand spectacle d’Hollywood tant les comédiens sont habités. Ils sont dirigés de façon magistrale par Emmanuel Touchard.

 On est captivé du début à la fin. La scénographie est particulièrement travaillée. Les chorégraphies de Laurence Perez éblouissent. L’histoire a une résonnance universelle : une jeune femme en fauteuil roulant issue de la haute bourgeoisie habitant Londres au XIXe siècle parvient grâce à un mystérieux étranger à recouvrer l’usage de ses jambes la nuit.

 On pense immanquablement aux Souliers Rouges, au Magicien d’Oz et même au merveilleux Oliver! immortalisé au cinéma par le cinéaste Carol Reed.

 On sourit à de nombreuses reprises. Tout est proche de la perfection. On perçoit une attention minutieuse aux détails.

 La satire de la société de l’époque victorienne comblera tous les férus d’Histoire. Quelques répliques bien senties permettent de se remémorer l’état d’esprit de cette époque, où on stigmatise les pauvres, les undeserving poor, et où l’hypocrisie est une religion.

 C’est un spectacle unique en son genre qui ravit le spectateur. On est impressionné par la performance hors du commun de chaque comédien, de chaque musicien. La musique est envoûtante, les comédiens sont justes à chaque seconde et ont des voix particulièrement agréables, mention spéciale à Yanowski et sa voix de baryton basse.

 Les tableaux, plus étonnants les uns que les autres, ont une belle cohésion. Le rythme est soutenu, et les plus petits comme les plus grands éprouvent un plaisir sans mélange. Les décors, les lumières permettent une immersion complète. On apprécie aussi les costumes.

 C’est un show où la magie, la tendresse, l’espièglerie, la fantaisie ont toute leur place. L’impertinence d’Adèle, la jeune londonienne des beaux quartiers séduit. On s’identifie à elle. La scène où elle disparaît suscite l’inquiétude.

 Les musiciens ravissent l’auditoire : la présence de la clarinette, du piano, du violon, du violoncelle et de la batterie achève de rendre le show inoubliable.

 Les artistes s’amusent tellement sur scène que cela ajoute au plaisir du spectateur. Un spectacle aussi abouti se passe de mots. Il faut absolument aller voir cette comédie qui donne ses lettres de noblesse à la comédie musicale en français.

 Cette création marque indubitablement un tournant dans l’histoire de la comédie musicale.

David Season, Les Chroniques d’Alceste

Publié le 27 février 2026.

Au théâtre Déjazet, jusqu’au 26 avril.

Alice Lecat dans le rôle d'Adèle Berry. Photo : David Season

Une réponse

  1. J’ai eu la chance d’être dans LaSalle ce même soir. En lisant l’article, je revois ces images de rêves. Une joie et impression forte du plaisir de découvrir un tel spectacle.

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