Allons au théâtre !

Florentin Fouch Les 8 péchés à l’Arrache-Cœur

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L'art et la manière.

 Florentin Fouch est un génie des mots : son écriture est une des plus singulières du paysage musical français. Il joue avec les mots avec un naturel déconcertant : on éprouve un plaisir certain à découvrir ses trouvailles linguistiques. On pourrait le rapprocher d’un Richard Gotainer mais j’avoue que l’univers de Florentin Fouch me séduit davantage car sa recherche textuelle me semble plus incarnée et plus accessible : Gotainer excelle dans la poésie pure, Fouch s’inscrit dans une tradition plus populaire, sa poésie est une poésie du quotidien, moins élitiste sans être moins profonde. Son credo pourrait être : réenchanter la vie.

 Le plus incroyable est qu’il parvient à susciter l’émerveillement sur commande : sa chanson composée en l’espace de deux minutes en utilisant absolument tous les mots proposés par le public est un tour de force. Cette composition improvisée à partir de contraintes fertiles rappelle celles de l’Oulipo de Raymond Queneau et François Le Lionnais : Michelle, la magicienne est à mon sens la plus grande réussite de la représentation à laquelle j’ai assisté. Quel dommage qu’aucun enregistrement n’ait été fait de ce chef-d’œuvre ! Avec Florentin Fouch, on a droit à un spectacle renouvelé à chaque fois si bien qu’on aurait envie de revenir le voir plusieurs fois.

 Florentin Fouch ne manque jamais d’inspiration mais il faut dire qu’il a à sa disposition une muse qui subjugue l’auditoire tant par sa plastique que par son jeu. Cette muse apparaît comme par magie et vole la vedette au chanteur tant elle a de présence, d’expressivité. Sa maîtrise de la gestuelle corporelle interpelle : sans elle, le spectacle ressemblerait à beaucoup d’autres. Elle le rend unique notamment grâce à la kyrielle d’émotions qui se lisent successivement sur son joli minois. Florentin Fouch a trouvé en Clémentine Longuet, qui incarne la muse, une artiste à sa mesure.

 Florentin Fouch a su s’entourer de musiciens qui assurent le show avec leur sens aigu du rythme : Florent Estienne à la batterie et Simon Depys à la guitare électrique. Florent Estienne a un sourire radieux et un esprit d’à-propos remarquable. Ainsi, quand un spectateur propose le mot imaginaire « loyelle » pour la chanson improvisée, le musicien donne la définition presque du tac au tac : une personne qui paie son loyer.

 Florentin Fouch, qui a choisi d’évoquer les 7 péchés capitaux plus 1 péché surprise, nous embarque dans un voyage atypique revigorant : quiconque aime les mots ne pourra que savourer ce spectacle, qui fait la part belle à la poésie, aux émotions.

 Si certaines compositions sont plus réussies que d’autres, les trois dernières proposées ont une puissance telle que j’ai regretté de ne pouvoir les fredonner avec l’artiste.

 Non content de proposer une prestation qui galvanise le public, le conte et le refus des normes s’invitent dans le show.

 Une proposition d’un niveau aussi élevé est tout à fait sidérante. Sans doute le meilleur spectacle de chansons françaises de la Galaxie… ou de l’Univers. Qui sait ?

David Season, Les Chroniques d’Alceste

Publié le 19 jullet 2026

Jusqu’au 25 juillet 2026 à l’Arrache-Cœur à 13h10

Salle Barbara Weldens

Relâche le 22 juillet.

Florent Estienne, Clémentine Longuet, Florentin Fouch et Simon Depys. Photo : David Season
Clémentine Longuet, Florentin Fouch et Simon Depys. Photo : David Season

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