- Auteur : Carlo Boso, d'après l'œuvre de Shakespeare, en particulier Le marchand de Venise mais aussi Roméo et Juliette et Othello
- Mise en scène : Carlo Boso
- Avec : Agathe Boudrières, Emanuele Contadini, Renaud Gillier, Clément Joubert, Julie Mori, Valerio Zaina
- Costumes : Sonja Signoretti
- Musique : Marie-Anne Favreau
Une pièce qui embarque le spectateur dans un voyage à Venise, très librement inspirée du Marchand de Venise. Beaucoup d’esprit, d’humour, et une trame conservée pour l’essentiel.
Un Pedrolino en grande forme, incarné avec brio par Valerio Zaina. Une Jessica qui subjugue l’auditoire, incarnée avec espièglerie par Agathe Boudrières. Un Shylock intraitable et ridicule, interprété avec maestria par Clément Joubert. J’ai adoré la scène où Benilde, campée par Julie Mori, lui demande de faire le pingouin. Le public prend plaisir à voir cet être intraitable céder aux caprices de sa Dulcinée.
Les jeux de mots, les anachronismes sont du meilleur effet. Les situations cocasses, les allusions à l’actualité, au métier de comédien donnent une dynamique au propos.
La satire sociale est bien vue, le pouvoir corrupteur de l’argent notamment est bien mis en exergue avec la célèbre scène où Shylock propose de prendre la chair de son interlocuteur au cas où il ne pourrait le rembourser.
Les danses, les chants nous emportent : la scénographie permet aux scènes d’être vécues par le public, mis à contribution à un moment clef.
Le jeu avec les masques réjouit l’auditoire et les ressorts comiques sont bien exploités. Clément Joubert en Shylock qui ne supporte pas d’entendre le nom de Sinbad, prétendant de Jessica, est irrésistible. Les situations les plus improbables s’enchaînent à merveille sans que le fond ne soit oublié pour autant. La forme est au service du sens et le message d’humanité résonne chez le spectateur. L’amour, les rapports maître-valet, l’argent, sont des thèmes traités avec clairvoyance.
La direction d’acteur de Carlo Boso permet aux spectateurs d’être comblés par tant de virtuosité : le trait est forcé à dessein, les acrobaties donnent une épaisseur aux personnages. Les personnages respirent.
Une fraîcheur, une légèreté se dégagent malgré la gravité des sujets abordés.
Une belle comédie comme on en voit trop peu.
Bravo, bravissimo !
David Season, Les Chroniques d’Alceste
Publié le 25 mars 2025
Révisé le 15 juin 2026
Du 20 au 25 juillet 2026 à la Cour du Barouf – Cour des Platanes.
À 20h00