Allons au théâtre !

Le Flan Pâtissier au Théâtre Tremplin

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La Compagnie de la Toque Flamboyante.

À la recherche du flan perdu

 Nous avons affaire à une comédie du déréglement où tout bascule subitement.

 La pièce commence presque comme une tragédie shakespearienne, un personnage annonce divers malheurs mais sa grandiloquence lui ôte toute crédibilité. Cette entrée en matière laisse augurer d’une pièce décalée, où il ne faut pas se fier aux apparences.

 Des événements insolites se succèdent sans qu’on s’en étonne et c’est là que réside le talent du metteur en scène, auteur et comédien Étienne Bennequin : on admet les situations les plus improbables.

 L’arrivée d’un flan comme par enchantement fait basculer les personnages dans une autre dimension : la banalité du quotidien s’en trouve chamboulée. Cet élément agit comme un grain de sable dans une mécanique bien huilée. Le flan introduit un déréglement dans un monde où tout semblait obéir à un ordre immuable. Cet élément perturbateur relève-t-il du surnaturel ou seulement de l’étrange ?

 Seule certitude : retrouver un flan semblable n’est pas de tout repos. Le sage de l’immeuble dispose pourtant d’une piste pour y parvenir. Contre toute attente, ce personnage zen a plusieurs facettes. Il a même un projet tout à fait stupéfiant…

 Les dialogues sont de haute tenue. Les jeux sur la langue suscitent le rire. La psychologie des personnages est particulièrement travaillée, certains ont des failles importantes, comme Œugénie, prête à tout pour mettre la main sur le flan pâtissier. Tous ont trois dimensions : même Jean-Nathan, personnage un peu simplet, est moins lisse qu’on ne pourrait le croire de prime abord. Les personnages ont une vie propre et semblent échapper à leur créateur. À tel point que l’un d’eux sort de scène et interagit avec le public.

L’imprévu s’invite régulièrement, comme le montre la danse des génies des œufs de poule. L’incarnation par Cédric Bleunven d’un personnage qui ressemble à une poule suscite l’hilarité, il impressionne par sa faculté à évoquer l’animal en forçant le trait.

 Dans cette comédie, les rapports entre les personnages se déréglent au fur et à mesure, même la machine ne fonctionne pas comme prévu, ce que met bien en valeur la lumière, notamment avec les effets stroboscopiques. Les chorégraphies improbables renforcent l’idée d’un déréglement généralisé tout comme les musiques inquiétantes jouées sur scène. Parfois, les personnages semblent dépassés par les événements. Coups de théâtre, révélations sont au programme. Il se passe toujours quelque chose au plateau, chaque personnage observant les changements de l’autre.

 Cette comédie du déréglement laisse le spectateur désorienté.

David Season, Les Chroniques d’Alceste

Publié le 5 juin 2026.

Vu au théâtre Pixel.

Au théâtre Tremplin du 4 au 25 juillet 2026, à 15h30, salle Molière.

Relâche les 9, 18 et 19 juillet.

Photo : David Season
Photo : David Season

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