- Auteurs : Jean-Baptiste Darosey et Stéphanie Gagneux
- Mise en scène : Stéphanie Gagneux
- Avec : Jean-Baptiste Darosey
- Musique : Simon Gallant et Hervé Devolder
- Assistant mise en scène : Victor Bourigault
- Création lumière : Mathilde Monier
- Création sonore : Antoine Campredon
Peut-on survivre à son enfance ?
Élevé à Vesoul, Jean-Baptiste Darosey a connu le monde paysan dès son plus jeune âge. Ses rapports conflictuels avec son père ne l’ont pas aidé à s’extérioriser, lui qui ne se sent pas éleveur dans l’âme.
De cette souffrance, des malentendus, des non-dits, Jean-Baptiste Darosey tire un spectacle singulier qui pose beaucoup de questions et invite l’auditoire à s’interroger. Qu’est-ce qui faut dire ? revient de façon lancinante.
Les personnages que le comédien incarne avec beaucoup de conviction révèlent un sens de l’humour dévastateur : Josy, archétype de la fervente croyante catholique un peu coincée, suscite le rire tout comme la Gilberte, qui a toujours son avis sur tout et un bon sens à toute épreuve. Le comédien donne corps aux personnages, on les voit. Même si certains sont plus réussis que d’autres.
La double fracture apparaît comme une métaphore de la vie morose de Jean-Baptiste Darosey. La dimension psychanalytique est manifeste.
Certains passages sont particulièrement attendrissants, comme l’amour inconditionnel que lui voue une camarade un peu simplette, Marinette.
Ces passages alternent avec d’autres franchement cocasses comme la confusion dans l’esprit du père entre l’hôpital et l’abattoir. L’inscription sur le site de rencontre est un des moments les plus drôles : les répliques inattendues voire improbables, le comique de situation enchantent les spectateurs et apportent une respiration au spectacle.
Ce qui séduit est l’équilibre délicat maintenu entre le comique et le drame. Les personnages, volontairement proches de la caricature, désamorcent en partie la douleur latente du protagoniste. Sa mère était un rempart. Sa disparition quand il avait quatorze ans le laisse livré à lui-même.
Un jour pourtant, tout change quand il décide de réaliser son rêve, laissant derrière lui un fardeau trop lourd à porter. À l’image du pèlerin qui doit se délester s’il veut être accepté au royaume des cieux à la toute fin de The Pilgrim’s Progress. On sent tout au long du spectacle que le comédien est dans son élément, n’hésitant pas à improviser et à interagir avec les spectateurs, prenant un plaisir non dissimulé à briser le quatrième mur.
On est embarqué d’emblée dans l’univers de l’auteur, accueillis dès l’entrée dans le théâtre par le personnage de la Gilberte avant même que le spectacle n’ait vraiment commencé.
L’originalité du spectacle réside en partie dans le choix de raconter les scènes dans le désordre. Si on se sent un peu dérouté au début, le récit gagne en intensité.
Les questions qui agitent le monde agricole trouvent un écho dans le spectacle de Jean-Baptiste Darosey qui donne la parole à ceux qui n’ont que rarement voix au chapitre. Les intérêts financiers des uns et des autres sont abordés de front. Le refus du consensus donne une fraîcheur au propos.
On s’interroge : Aurait-on eu la force intérieure de surmonter toutes ces épreuves ?
David Season, Les Chroniques d’Alceste.
Publié le 17 juin 2026.
À la Comédie des 3 Bornes.
Les lundis et mardis à 21h jusqu’au 30 juin.
La Comédie des 3 Bornes
La Comédie des 3 Bornes existe depuis plus de 25 ans et a été acquise par une équipe de passionnés en 2017, apportant une attention particulière au confort des spectateurs.
La salle peut accueillir 45 personnes.
C’est un lieu où plusieurs artistes prometteurs ont débuté.
- Nombre de places : 45
- Ouverture du théâtre : 5 minutes avant.
- Plateau surélevé : Non
- Pourboire : Non
- Climatisation : Oui
- Buvette : Non
- Restauration : Non
- Accessibilité personnes à mobilité réduite : Oui
- Place pour les jambes : ⭐ ⭐
- Métro : Parmentier, Goncourt, République ou Oberkampf.